Tu n’as jamais remarqué, dans ta vie, qu’il y a beaucoup de décisions que tu prends sur le moment et que tu finis par regretter plus tard ?
Tu te demandes alors : pourquoi ai-je dit cela ? Pourquoi ai-je fait cela ? Pourquoi ai-je réagi de cette manière ? Pourquoi me suis-je arrêté sur cette situation ?
Tu n’as jamais remarqué qu’il y a des promesses que tu fais avec enthousiasme, sous le coup d’une émotion, et que tu regrettes ensuite d’avoir faites ?
Comme si quelque chose te poussait à réagir dans la précipitation, à parler sans réfléchir, à prendre des décisions sans mesurer leurs conséquences. Puis, une fois que l’émotion retombe, tu retrouves ta lucidité et tu regrettes.
C’est une réalité que beaucoup vivent, mais dont peu comprennent véritablement le mécanisme.
Et si je te disais que l’une des causes principales se trouve dans l’excès de tes émotions ?
Ce phénomène, on ne te l’enseigne pas à l’école. Pourtant, il influence profondément ta manière de penser, de juger et de prendre des décisions.
Pire encore, le monde moderne exploite constamment ce mécanisme pour influencer les comportements des masses.
Observe simplement ce qui se passe lorsque tu prends ton téléphone et que tu consultes les informations, les publications et les événements du monde.
Tu ris excessivement. Tu t’indignes. Tu t’énerves. Tu t’enthousiasmes. Tu développes de la haine, de la compassion, de la colère ou de l’admiration.
Et sans même t’en rendre compte, tu accumules des charges émotionnelles qui préparent déjà tes prochaines réactions.
Tu ne le sais peut-être pas encore, mais tu es en train de conditionner tes futurs comportements.
C’est ainsi que tu peux finir par prendre une décision que tu n’aurais jamais prise dans un état de calme. Faire une promesse que tu n’aurais jamais faite avec du recul. Prononcer des paroles que tu aurais préféré garder pour toi.
Et lorsque l’émotion disparaît, tu découvres parfois les conséquences de tes propres réactions.
Mais il est trop tard : tu as déjà parlé, tu as déjà agi, tu as déjà décidé.
Comprends donc ceci :
L’excès d’émotions affaiblit ta capacité de raisonnement.
Il trouble ton jugement, réduit ta capacité à prendre du recul et peut te rendre vulnérable à la manipulation.
Lorsque tes émotions prennent le contrôle, ta raison perd progressivement sa place.
Ce n’est pas parce que tu ressens quelque chose que tu dois immédiatement agir. Ce n’est pas parce qu’une situation t’indigne que tu dois immédiatement réagir. Ce n’est pas parce que tu es heureux aujourd’hui que tu dois faire des promesses pour demain.
Apprends à observer sans réagir systématiquement. Apprends à ressentir sans obéir à toutes tes émotions. Apprends à laisser le calme revenir avant de prendre une décision.
Car celui qui ne maîtrise pas ses réactions devient facilement prisonnier de ce qui provoque ses émotions.
Et celui qui peut provoquer tes émotions peut parfois influencer tes décisions.
La véritable maîtrise de soi commence lorsque tu arrives à faire la différence entre ce que tu ressens, ce que tu penses et ce que tu décides de faire.
Les trois clés pour maîtriser tes émotions et tes décisions
Mais il existe un remède que j’enseigne souvent. Trois clés fondamentales qui, lorsqu’elles sont mises en pratique avec discipline, peuvent profondément transformer ta manière de penser, de juger et de réagir.
Ces trois clés sont : le silence, l’observation et l’action.
1\. Le silence
Lorsque tu es confronté à une situation qui provoque une émotion en toi, ne te précipite pas pour parler, répondre ou agir. Garde le silence.
Ce silence n’est pas une faiblesse. C’est un espace que tu accordes à ta conscience pour retrouver son équilibre.
Et comprends bien ceci : la durée de ce silence peut varier en fonction de l’intensité des émotions que tu as accumulées et imprimées dans ta conscience. Plus une situation te bouleverse, plus tu dois parfois prolonger ce silence.
2\. L’observation
Après le silence vient l’observation.
Observe ce qui se passe en toi. Observe tes émotions, tes pensées, tes intentions et les circonstances qui ont provoqué ta réaction.
Ne te laisse pas aveugler par ce que tu ressens. Essaie de comprendre la situation avant de porter un jugement.
C’est à cette étape que tu commences à distinguer tes émotions de ta raison.
3\. L’action
Enfin, lorsque le silence a apaisé tes émotions et que l’observation t’a permis de mieux comprendre la situation, tu peux passer à l’action.
Cette fois, tu ne réagis plus simplement sous l’impulsion d’une émotion. Tu poses un acte après réflexion, avec discernement et responsabilité.
Retiens donc cette formule : SILENCE → OBSERVATION → ACTION
> Ne réagis pas parce que tu ressens.
> Agis parce que tu as compris.
Et n’oublie jamais : tu n’es pas obligé de répondre à tout ce qui te provoque, ni de décider de tout ce qui te touche.
Parfois, le plus grand signe d’intelligence n’est pas de savoir quoi dire, mais de savoir quand se taire.
Nourdine Gildas Hounkpatin






