Moorid : Salam alaykoum, Il est dit dans les hadiths, que roqya n’est permise que pour le poison et le mauvais œil. Merci de votre réponse. Barak’allaho fykom

Réponse : wa Aleykoum salam wa rahmatoullah wa barakatou. Si vous permettez, avant de répondre à votre question, je  souhaiterais que vous nous postiez ces ahadith inchaAllah.

Moorid : Ibn ‘Abbas (RA) a dit : « Le Messager de Dieu saws a dit : « On a fait défiler devant moi les communautés religieuses (ou nations). Je vis alors un tel prophète et avec lui moins de dix adeptes, tel autre avec un ou deux partisans et un tel autre n’en ayant aucun. Tout à coup on éleva vers moi une foule énorme et je crus que c’était ma communauté. Mais on me dit : « Voilà Moïse et sa nation. Regarde plutôt à l’horizon ». Je regardai et vis apparaître des masses innombrables. On me dit alors ; « Regarde de l’autre côté de l’horizon » et voilà surgir une foule immense. « C’est tout cela ta nation et, avec elle, soixante-dix mille hommes qui entreront au Paradis sans subir aucun jugement et aucun tourment ». Puis il se leva et rentra chez lui. Les gens se mirent alors à conjecturer sur ces bienheureux qui entreront au Paradis sans jugements ni tourments. Certains dirent : « C’est sans doute ceux qui ont été les compagnons du Prophète (saws) ». D’autres dirent : « Ce sont peut-être ceux qui sont nés en Islam et n’ont ainsi jamais rien associés à Dieu ». On fit d’autres supputations. C’est alors que le Messager de Dieu (saws) se présenta à eux de nouveau et leur dit : « A propos de quoi discutez-vous ainsi ? » Ils lui dirent l’objet de leurs discussions et il dit : « Ce sont plutôt ceux qui ne soignent pas par les incantations et ne se font pas soigner par elles. Ceux qui ne croient point au mauvais augure et qui s’en remettent en tout à leur Seigneur ». Juste à ce moment se leva ‘Oukkâsha Ibn Mohsin qui dit : « Prie Dieu pour que j’en sois ! » Il lui dit : « Tu es effectivement l’un de ceux-là ». Quelqu’un d’autre se leva pour faire la même demande. Il lui dit : « C’est là une faveur où t’a déjà précédé ‘Oukkaâsha » (URA) Plusieurs versions de traduction ou d’interprétation de ce hadith existent, notamment concernant la partie « ceux qui ne soignent pas par les incantations et ne se font pas soigner par elles » mais aussi concernant la cautérisation où elle est citée: D’après Abdallah Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée), le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit: « 70 000 personnes de ma communauté vont rentrer dans le paradis sans jugement, ce sont ceux qui ne demandent pas qu’on leur fasse rouqiya, qui ne pratiquent pas les augures, qui ne pratiquent pas la cautérisation et font confiance à leur Seigneur ». (Rapporté par l’imam Boukhari dans son Sahih n°6472 et par l’imam Mouslim dans son Sahih n°218) Aussi,

Sauf erreur

Réponse : Al hamdoulillah, je comprends mieux maintenant le sens de votre question, qu’Allah vous récompense de m’avoir éclairé et qu’Il vous accorde le paradis pour vos efforts dans ce genre de rappel. Sinon par rapport à votre question, c’est la limite que vous citez au départ, que « La roqya n’est permise que pour le poison et le mauvais œil » pourtant, le prophète sws lui-même s’est fait traiter par la roqya, a pratiqué la roqya et a homologué ces limites afin qu’on n’aille point à la dérive. Néanmoins, je vais profiter de cette occasion pour approfondir le sujet.

En effet, le premier hadith rapporté par Ibn Abbas est très authentique que le dernier car, il relève des questions de se préserver du chirk et de haram. Quant au dernier hadith, il a suscité beaucoup de réflexion et de débat chez les savants depuis lors, au point que d’autres l’ont jugés faible. Quant à moi, je vais citer quelques récits dans ce sens, afin de donner mon point de vue basé sur la raison et des arguments au profit de ce merveilleux sujet que vous nous donnez l’occasion de traiter. Si je comprends bien, d’après ces hadiths, se faire traiter ou le fait de pratiquer la roqya, n’est pas blâmable, mais, la notoriété de certaine qualité supérieure qu’on obtiendra, lorsqu’on se remet totalement à Allah que de se faire traiter par la roqya. Par ailleurs, personne depuis la création jusqu’à la fin des temps, n’est supérieure ou égale à Muhammad en matière de qualité sur toutes les dimensions.

Le prophète Muhammad sws est le meilleur des hommes, le modèle à suivre et une miséricorde pour tout l’univers. Le fait d’être ensorcelé et de se faire traiter par la roqya, est une faiblesse spirituelle au niveau de l’homme, mais en aucun cas, on ne peut prétendre que le prophète sws, était faible spirituellement, alors qu’il a été lui-même éprouvé par la sorcellerie et a ensuite pratiqué la roqya. C’est au cours de cette occasion qu’Allah swt lui a révélé al-Falaq et An-Nass, sourates par lesquelles le prophète s’est prémuni de ce mal occulte, en d’autres termes, il s’est fait la roqya. Par conséquent, utiliser des moyens nécessaires comme la roqya chari’a n’est pas en contradiction avec le fait de s’en remettre à Allah, au contraire, c’est d’ailleurs le sens que traite l’hadith d’ibn Abbas. Allah est plus savant.

Signalons qu’étant un modèle à suivre, certaines erreurs de sa part comme chez tous les prophètes d’ailleurs, étaient pour nous donner des enseignements ; comme par exemple : lorsqu’il y avait eu interruption de révélations pendant quelques semaines, parce que le prophète sws avait oublié de dire « inchaAllah »  (si Allah veut), occasion par laquelle, Allah swt lui fait ce beau rappel, non seulement à son actif, mais à l’égard de toute la communauté ; Allah dit : « Et ne dis jamais, à propos d’une chose : « Je la ferai sûrement demain » sans ajouter : « Si Allah le veut », et invoque ton Seigneur quand tu oublies et dis : « Je souhaite que mon Seigneur me guide et me mène plus près de ce qui est correct« . Coran 18/23-24 ». Lorsqu’il s’était détourné d’un aveugle parce qu’il était avec un bourgeois, Allah lui reprocha cette erreur et la met en exergue vis à vis de tous les croyants en ces termes : « Il s’est renfrogné et il s’est détourné parce que l’aveugle est venu à lui. Qui te dit : peut-être [cherche]-t-il à se purifier ? Ou à se rappeler en sorte que le rappel lui profite ? Quant à celui qui se complaît dans sa suffisance (pour sa richesse) tu vas avec empressement à sa rencontre. Or, que t’importe qu’il ne se purifie pas  »  Et quant à celui qui vient à toi avec empressement tout en ayant la crainte, tu ne t’en soucies pas. N’agis plus ainsi ! Vraiment ceci est un rappel – quiconque veut, donc, s’en rappelle ». Coran 80/1-12

Le prophète Muhammad sws, est la seule créature à être le plus récompensé, le plus élevé en rang par rapport aux autres le jour de la résurrection. Il est donc exonéré de comparaître devant Allah avec les créatures suivant telle ou telle qualité, ou telle et telle clarification et distinction car, toutes les créatures ont obtenues la science de lui. S’il s’est fait traiter par la roqya malgré ce hadith et l’encouragea en plus, cela ne voudra pas dire qu’il s’est contredit, soit le hadith est véritablement faible d’après certains savants, d’autant plus qu’ Allah Lui-même a révélé « Nous faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants … Coran 17/82″! Le prophète sws est un guide et un maître qui instruit et exhorte aux meilleurs choix, afin qu’on obtienne un haut rang auprès de notre Seigneur. Notre sujet est donc relatif à une question de choix entre deux choses meilleures ou deux mauvaises choses. Par exemple :

Un jour le prophète sws était rentré et vit une femme qui pratiquait la roqya sur Aïcha, il lui conseilla plutôt de la soigner avec le livre d’Allah! Dans une autre version c’est plutôt abou Bakr : « L’imam Malik rapporte qu’Abou Bakr Assiddiq entra chez Aïcha qui était malade et une juive lui faisait la roqya. Abou Bakr dit : « Fais-lui la roqya avec le livre d’Allah ». C’est-à-dire la Torah.

Le prophète sws conseilla Chifa Bint Abdallah d’enseigner la roqya à son épouse Hafsa bint Omar ben al-Khattâb : « Al-Hakim rapporte qu’une « namla » apparut chez un homme des Ansar. On lui indiqua que Chifa Bint Abdallah faisait la roqya pour la « namla ». Il se rendit chez elle et lui demanda de lui faire la roqya. Elle dit : « Par Allah ! Je n’ai pas fait la roqya depuis que j’ai embrassé l’Islam ». L’ansari se rendit chez le messager d’Allah (s) et l’informa de ce qu’elle avait dit. Le messager d’Allah (s) appela Chifa et dit : « Récite-moi » et elle récita. Il dit : « Fais-lui la roqya et enseigne-la à Hafsa comme tu lui as enseigné le livre »

Lorsque le prophète sws arriva à Médine, un groupe de pratiquants de roqya est allé le voir et lui demanda conseil sur leur pratique de la roqya, le prophète sws dit : «Montrez-moi vos pratiques de roqya ; il n’y a pas de mal à le faire tant qu’il n’y a pas d’association à ALLAH » Hadith rapporté par Muslim.

Une femme éprouvée par l’épilepsie au point se découvrir a préféré la patience et l’endurance plutôt que le traitement: « Ibn Abbas a dit: Te désignerai-je une femme vouée au Paradis ? Je répondis positivement. Il me dit: cette femme noire vint trouver le Prophète sallallahou alayhi wa salam et lui dit: Je suis épileptique et il m’arrive de me dénuder. Invoquez Allah pour qu’Il m’enveloppe de Ses grâces ». Il répondit: « Si tu te montres patiente, tu auras le Paradis comme récompense et si tu le désires, j’invoquerai Allah pour qu’Il te guérisse ». Elle répliqua « Je patienterai » puis ajouta: « Je me dénude. Implorez Allah afin que je cesse de le faire. Et il invoqua Allah pour elle« .

Je ne cite ces différents hadiths que pour justifier la question du choix et démontrer que la roqya n’a pas de limites,  et n’est pas  blâmée pour ceux qui la pratiquent ni pour ceux qui se font traiter par ce moyen. Mais il y a aussi la question de la nature et de la qualité de chacun par rapport à sa foi. Allah dit :

« L’homme a été créé prompt dans sa nature » Coran 21/37

Tous nos choix reposent sur le principe de la nature et de qualité de chacun. La nature humaine se caractérise par l’essence de la personne, ses attributs fondamentaux. Le Créateur a imprimé en nous malgré nos différences, certains défauts. Nous avons donc été tous créés à partir de la même matière, de la même énergie et de la même lumière, néanmoins, nous avons tous une certaine différence de nature comme notre physique. Il y a parmi les hommes : des doux, des moins doux, des durs de caractère, des calmes, des agités, des brutaux, des complexes, des simples, des nobles,…, des sages. Pour ajuster toutes ces différences, Le Créateur a érigé des lois pour ne pas contraindre la nature de chacun mais en même temps atteindre la bonne moralité et la perfection à travers la sunna de Muhammad sws. Le meilleur est celui qui se repent  et se  corrige sous la bannière des qualités de Muhammad sws. Par exemple, la charia dite œil pour œil, dent pour dent va de paire avec l’exhortation du pardon. Ces deux principes coraniques, sont compatibles et  s’équilibrent l’un l’autre  selon la nature  de chaque individu et l’émotion qui le saisit. Celui qui est dur de caractère et faible dans la colère mais qui pardonne et oublie, est meilleur que celui qui est dur de caractère et faible de colère mais qui riposte après avoir été offensé. C’est pourquoi le prophète sws a dit : « Le fort n’est pas celui qui terrasse tout le monde, mais le fort est celui qui maîtrise sa colère« . Celui qui est calme et simple et qui domine ses états de tristesse  est meilleur que celui qui est calme et noble mais se laisse  emporter par les épreuves de la tristesse. Il en est de même avec le choix entre le nombre d’épouses. Il y a des hommes qui, par nature,  ne peuvent pas se contenter  d’une seule épouse. D’autres en prennent  deux, trois, quatre ou plus sauf à la limite de la chari’a. De ce fait, on ne peut pas imposer à tous ces hommes de différentes natures une seule épouse ou plusieurs, mais que chacun soit libre de sa nature.

Je vous apporte ces arguments afin de clarifier mon point de vue sur le sujet évoqué dans ce hadith, et je vous demande de m’excuser de rentrer dans ces dimensions pour vous répondre. C’est pour dire que, si la foi de quelqu’un lui permet de ne pas se soigner avec la roqya, dans l’intention d’avoir cette récompense al hamdoulillah ! Mais, on ne peut pas l’imposer à quelqu’un qui est encore faible dans sa foi, impatient et non endurant. Et si ce dernier se soigne par la roqya à cause de toutes ces faiblesses, il ne sera ni blâmé, ni voué aux supplices ! C’est donc une question de choix selon la foi de chacun.

Pour finir, la roqya n’est pas haram et le prophète n’a interdit que le chirk et le haram, d’autant plus que lui même l’a pratiquée, je vous conseille la roqya chari’a plutôt que de tomber dans le chirk pour vous soigner lorsque vous ne pouvez plus endurer ou patienter. Qu’Allah nous donne la hidaya. Salam

 

Nourdine HOUNKPATIN

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